jeudi 12 juin 2014

Catalogue de création littéraire



                    
              Deux recueils de nouvelles disponibles en vente directe





Nb de pages: 90

Extrait: « La somme des actes »
                              
   C'eût été un dragon qu'il en aurait été de même.
   Pour la curiosité que représentait son cas unique, cela faisait des mois qu’il était recherché. Les hauts cris d'un paysan dans le comté voisin avaient enfin situé cette créature près des falaises d'Orgal. La nouvelle s'était répandue comme une trainée de poudre, sachant que n'ayant pratiquement rien d'humain, elle attisait la curiosité de tous et la bienveillance de personne.
   En ce grand jour, les gardes qui venaient de le capturer rapportèrent enfin l'ermite tricéphale devant le roi Tophet.
   Ce qui frappait d'emblée c'est qu'il avait l'air d'être trois personnes montées sur un seul corps. Ses trois visages exprimaient des émotions contradictoires, qui pouvaient perturber même les esprits les plus évolués. Pour ceux qui avaient croisé sa route, on admettait deux choses: Il était impossible de s'accorder sur le sens précis des uns ou des autres faciès et l'on ressentait d'emblée à l'égard de cet être une irrépressible fascination proche du dégoût.
   L'assistance venait de former un cercle dans la plus vaste salle du château, et dont il était le centre. Fusèrent de toutes parts les mêmes réactions communes aux hommes dits « normaux », engendrant un chahut durant quelques longues minutes. Que le roi interrompit avec la dureté qui lui était commune.
— Sir, le voici ! annonça l'un des soldats non sans fierté dans un salut marqué. 
— Amenez-le moi ! S'écria le souverain encadré dans son trône par un dais de pierre sculpté de figures grandioses.
   Ils le poussèrent au bas des marches royales, où il atterrit sans grâce avant de se redresser à genoux, le dos courbé et les poings liés.
   Tophet se leva, incapable de réprimer une certaine surprise qu'il couvrit bientôt d'un rire moqueur, bientôt imité par la cour, avant de redevenir grave, la cour aussi.
— Chancelier Ovtael ! Intima-t'il avec une légèreté où se dissimulait à peine son inquiétude envers la nature exhibée pour lui.
   L'homme à sa droite se révéla en sortant de l'ombre du trône :
— Sir ?
— Demandez-lui son nom !
   L'homme s'approcha du seul visage que la créature eut en commun avec les humains, celui qui suivait la nature du corps, et le lui demanda.
   « Alki », répondit une voix dont la basse harmonie provoqua alentours quelques exclamations troublées.
— Pourquoi n'a-t'il pas trois noms ? S'écria quelqu'un.
— Parce que je suis un.
— Alors « Un » monstre ! Entendit-on.
— « Un » idiot !
— « Un » cauchemar...
   Le jeu s'ensuivit de lui trouver d'autres épithètes, étoffé de pics d'hilarité destinés à atténuer le malaise général. Le roi toléra cette liberté et puis la fit cesser.
— Qu'on le lave et qu'on l'habille, décida-t-il, mes amis, l'invité de ce soir sera une bête à civiliser ! Ovtael, faites ce qu'il faut !
   L'interpellé salua son souverain.
— Il en sera fait selon vos ordres !
   Sa lourde veste d’un gris loup glissa vers le prisonnier tandis que le roi et sa cour quittaient la salle du trône pour aller souper dans le hall des banquets. On tarda à le suivre pour observer l’homme brun prendre la corde aux mains des soldats et entraîner l'étrangeté dans les méandres du château.
— Retournez à vos postes, je n'ai plus besoin de vous ! Commanda Ovtael à ceux qui songeaient encore à la récompense attendue qui ne viendrait pas, et disposèrent sans broncher.




 
Nb de pages: 90

Extrait: « Un parfum de chaos »

Ceci est un récit purement fictif, toute ressemblance avec des faits ou des personnes ayant existé, existantes ou qui existeront n'est qu'une sacré coïncidence.




                               « Ce qui est magie pour certains, est science pour d'autres,
                               « Ce qui est chaos pour d'autres... »



                                          « Au cœur des ténèbres de velours, l'avenir »
                                                               « CHAOS »
                                                          Parfum de haut-vol.
                                                             Prochainement





   « Était-il donc devenu aussi inhumain que sa fille le prétendait ? »
   Certainement, mais pas de la façon dont elle le déterminait en cet instant précis, alors qu'elle secouait ses poings capricieux.
— N'as-tu donc pas été jeune, sanglota t'elle en sachant l'impact qu'aurait ce constat et qui appelait l'assaut qui s'ensuivit:
— D'une part, tu es priée de changer de ton avec ton père, et d'autre part, ta petite tête blonde doit comprendre qu'il est difficile d'accepter le fait que tu te maries si soudainement: On dirait que tu as oublié la liste impressionnante de petits amis que tu nous as déjà infligés. Depuis les oisifs, vantards sans envergure, les marginaux bourrés d'implants de synthèse, aux gigolos, certes au physique parfois avantageux, qui tous poussés par leur vénalité ont tenté de se faufiler, au prix de te trahir, jusqu'à nos comptes en banque.
   Monsieur Darell Seïs aimait clore les becs quand ils dépassaient les limites permises.
   Et ce trait de caractère l'avait aidé dans le monde des affaires.
   En plus du brevet d'exclusivité d'une invention dont le but était de compenser l'absence des terres émergées dans les sociétés survivantes.
   Il était devenu, au cours des dix dernières années, l'un des plus jeunes directeurs du lobby qui contrôlait l'Île-État du Murex, et bien que discret dans ses apparitions au monde, il en était aussi l'un des puissants.
   C'était le fait d'un concours de circonstance, d'une idée un jour qui avait germé dans son esprit nostalgique d'une époque où l'on pouvait encore courir dans l'herbe ou sur le sable naturel.
   Depuis la fonte des glaces, des cités avaient été bâties dans l'océan pour abriter les nombreux humains des continents disparus. La nature étant un bon modèle, elles avaient été façonnées à l'image de certains coquillages.
   Son idée de capteur sensoriel avait convenu à tous, à ceux qui voulaient s'enrichir sur son dos, à ceux qui voulaient se souvenir, et ils étaient dans les deux cas si avides qu'ils avaient fondé toute sa fortune.
   Mais un domaine était l'exception à sa force: Lorsqu'il s'agissait de Karla, qui aujourd'hui voulait obtenir sa bénédiction pour se marier.
   Elle prenait sans doute ce modèle de précocité sur les parents qu'ils formaient avec son épouse, puisqu'ils s'étaient unis au même âge, voilà dix-sept ans.
  Ce n'était pas une raison, et puis cela n'était pas une forme de bonheur obligé, la preuve, les rapports avec sa moitié ne relevaient du partage aujourd'hui que dans le nom.
  Son épouse se disait une femme libre. Libre surtout parce que leurs moyens financiers lui permettaient de l'être. Il s'était autrefois engagé dans une lutte viscérale contre le désespoir de la perte terrestre, il avait soutenu le présent de chacun, plutôt que celui de son couple. Elle s'était adaptée, et plutôt bien.
   Karla était aussi une bonne représentante de ce système, dont elle bénéficiait depuis sa naissance. Karla au caractère bien défini d'une enfant ou butée ou mutine, et pour dévoiler quelque frivolité, souvent les deux cumulés ainsi que c'était présentement le cas.
   Elle affichait aussi une nervosité évidente dans l'attente d'une réaction qui lui profiterait.
   C'était une scène aussi familière qu'empoisonnante pour ce père très occupé depuis l'aube, dans son spacieux bureau du rez-de-chaussée, d'où il gérait sa société.
   Une pièce au genre unique dans la villa qui dans la première partie, reproduisait une bibliothèque de l'Ancienne Europe. Qui s'habillait de bas-reliefs où s'épanouissaient des dizaines de créatures dans une fertile nature. La nature qui à présent n'était plus que corail et les créatures, en stase dans des laboratoires à vocation d'arche du monde entier.
   Dès l'entrée et de part et d'autre de l'allée centrale, cinq étagères au bois vernis, montées sur rail étaient surchargées de livres d'époque, pour certains déconfits.
   Couvrant un marbre perle veiné d'ocre, un long tapis bicolore s'étirait depuis le seuil jusqu'au massif secrétaire du maître des lieux, lui-même dominé par une baie vitrée qui surplombait idéalement les terrasses de la mégapole artificielle. Il régnait à l'extérieur une luminosité pénible que modulait le vitrage.
   En soupirant, Darell pivota dans son siège de directeur, sorte de trône de cuir, certain que Karla ne décollerait pas pour le laisser tranquille.
   Des publicités laser bigarraient la gauche de sa vision. Son regard s'anima quand passa celle qui annonçait la sortie prochaine du parfum qu'il venait de créer.



Informations complémentaires:
Format A5, couverture souple
Prix à l'unité: 8€ + fdp

Pour toute commande, l'adresse suivante:
seshiruseth@gmail.com

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